Les grandes Bourses européennes devraient ouvrir sur une note de lourdeur mardi matin à l'orée d'une séance qui s'annonce attentiste alors que se tiennent aujourd'hui aux Etats-Unis les élections de mi-mandat, un peu moins de deux ans après le retour de Donald Trump au pouvoir.
A en croire les premières indications disponibles, l'indice CAC 40 se dirige vers un repli de l'ordre de 0,9%, le DAX de Francfort est attendu sur un recul de plus de 1,2%, tout comme l'Euro STOXX 50.
Les électeurs américains doivent se presser dans les bureaux de vote afin de renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges que compte le Sénat.
Alors que le parti républicain contrôle à la fois la Chambre des représentants et le Sénat aujourd'hui, le scrutin constituera essentiellement un référendum sur le bilan du président américain, dont la cote de popularité évolue actuellement autour de 38%.
Les marchés prédictifs comme Polymarket estiment à 91% la probabilité que les démocrates prennent le contrôle de la Chambre des représentants et à 76% celle qu'ils remportent le Sénat, ce qui laisse entrevoir la sérieuse possibilité d'une victoire démocrate dans les deux chambres.
Des surprises restent cependant possibles, le contrôle du Sénat étant appelé à se jouer à un ou deux sièges.
Au-delà de cette nouvelle composition du paysage politique étasunien, les investisseurs espèrent surtout obtenir des résultats définitifs rapidement, peut-être dès mercredi matin, qui leur permettraient de lever le climat d'incertitude actuel, synonyme d'une certaine volatilité des échanges.
Signe de la prudence des investisseurs dans l'attente des résultats du scrutin, Wall Street a terminé en ordre dispersé lundi, alors que la poursuite des dégagements dans les semi-conducteurs et les infrastructures d'intelligence artificielle contraste avec un net regain d'intérêt pour les valeurs cycliques et les petites capitalisations.
A la clôture, le Nasdaq 100 cédait autour de 1,4%, tandis que le Dow Jones surperformait avec un gain de 0,4%.
Des marchés en quête d'un nouveau souffle
En raison des inquiétudes portant sur la pérennité du cycle favorable qui porte le secteur de l'IA, les actions américaines ont nettement ralenti l'allure ces dernières semaines.
Depuis son plus haut du 6 octobre, le Nasdaq 100 s'est replié de plus de 10%, ce qui le place techniquement en territoire de correction.
Un résultat clair et net des élections pourrait peut-être permettre de relancer la machine haussière, voire donner le coup d'envoi du fameux rally de fin d'année.
Historiquement, les élections américaines de mi-mandat ouvrent une période de bonne performance sur les marchés.
Depuis 1954, les rendements du S&P 500 sur les douze mois suivant les élections de mi-mandat ont été positifs quelle que soit la configuration du Congrès sous une présidence républicaine.
Si la réaction du marché devrait rester limitée, plusieurs secteurs de l'économie américaine sont toutefois susceptibles d'être affectés par les résultats, à commencer par celui de l'énergie et de la défense, qui pourraient pâtir d'un basculement du côté démocrate.
A l'inverse, les valeurs de la consommation et de la santé pourraient profiter d'un retour aux manettes du camp démocrate, partisan d'un accroissement des dépenses consacrées aux questions sociales.
Très attendue, la publication trimestrielle d'Apple, tombée dans la soirée d'hier, n'a pas donné lieu à de véritables feux d'artifice.
Si la firme à la pomme a largement dépassé les attentes sur les trois mois clos fin septembre, ses prévisions de marges bénéficiaires pour le dernier trimestre de l'année, une période clé pour l'entreprise, se sont révélées inférieures aux prévisions.
Le titre était attendu en baisse de 2,7% dans la foulée à l'ouverture de la Bourse de New York.
Les places financières pourraient cependant trouver un peu de soutien dans le spectaculaire reflux des prix du pétrole, sur fond d'espoirs accrus d'une prochaine solution diplomatique dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran.
Le baril de Brent, qui avait décroché de plus de 7% à la suite de déclarations du président iranien Masoud Pezeshkian selon lesquelles il avait accordé au gouvernement une certaine marge de manoeuvre pour ouvrir des négociations avec Washington, rebondit cependant de 2,1% à quasiment 107 dollars ce matin.
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